Congrès des maires 2014 : quand les communes se rebiffent

Congrès des maires 2014 : quand les communes se rebiffent

Le congrès des maires devrait marquer l’inquiétude des élus sur l’évolution de l’investissement local et leur capacité à maintenir « la force de la proximité », thème retenu de cette 97e édition. Ils ne manqueront pas aussi de montrer leur agacement face à un exécutif accusé de dénigrer la gestion locale. L’ambiance promet d’être électrique du 25 au 27 novembre à Paris, Porte de Versailles.

Ils sont remontés comme des pendules. Les maires, et particulièrement les représentants de leur association, sont bien décidés à manifester leur « ras-le-bol » lors du 97e congrès des maires, qui se déroule de mardi 25 à jeudi 27 novembre à Paris.
12 000 maires et représentants d’intercommunalités vont se presser à la Porte de Versailles pour alerter le gouvernement, dont une dizaine de membres sont invités, sur les menaces qui pèsent sur leur équilibre économique.

Ceux qui proclament détenir « la force de la proximité », thème du congrès de cette année, veulent surtout montrer qu’elle est grandement fragilisée par la raréfaction des ressources couplée à une hausse permanentes de leurs charges. Cet « effet de ciseau », mainte fois dénoncé par Jacques Pelissard (UMP), maire de Lons-le-Saunier (Jura) qui laissera à cette occasion la présidence de l’AMF à François Baroin (UMP), maire de Troyes, devrait avoir de graves conséquences sur l’investissement local.

Souffrance des élus – En ouverture du congrès, la Banque Postale a ainsi fait savoir qu’elle s’attendait à un repli de 30 % des investissements du bloc communal en 2017 par rapport à 2013. « Ce sera la cas pour Lyon » a confirmé Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, qui sera invité jeudi 27 novembre à débattre sur les conséquences de la baisse cumulée de 28 milliards d’euros entre 2014 et 2017 des dotations de l’Etat sur les entreprises et les ménages.

Pour marquer son opposition au montant de l’effort demandé par le gouvernement au titre du pacte de stabilité, l’AMF présentera devant les membres du gouvernement la longue liste de 14 000 collectivités ayant voté une motion de protestation contre la baisse de dotations. Elle n’a jusqu’à présent pas fait reculer l’exécutif national, accusé également par les élus de dénigrer la gestion locale.

« La souffrance des élus locaux pour trouver des solutions humaines face aux difficultés financières et aux campagnes de dénigrement de leur gestion et de leur action orchestrées ici et là est très forte », a insisté André Rossinot, futur ex-secrétaire général de l’AMF. « Ils trouveront des réponses à cette situation qu’ils n’ont jamais connue mais il faut leur laisser un peu de temps ». Exactement ce dont ne dispose plus l’Etat.